Organiser un tournage : ce qui se joue avant le jour J
Une journée de tournage qui dérape a presque toujours une cause en amont, et rarement une cause technique. Voici ce qui se prépare, et dans quel ordre.
Sur un plateau, on croit perdre du temps à cause de la technique. En réalité, on le perd à décider des choses qui auraient dû l’être avant : où on mange, qui a la clé, ce qu’on fait s’il pleut, et ce que le client attend exactement.
Le brief tient en une page, ou il n’est pas fini
Si vous ne pouvez pas écrire en une page ce que la vidéo doit produire comme effet, pour qui, et où elle sera diffusée, c’est que le cadrage n’est pas terminé. Une page force les arbitrages ; un document de quinze les repousse.
Cette page se fait valider par écrit. Pas pour se protéger, mais parce qu’un client qui a lu et approuvé un objectif change beaucoup moins d’avis pendant le montage.
Le découpage : ce qu’on tourne, dans quel ordre, et pourquoi
Un plan de tournage n’est pas une liste de plans. C’est un ordre. On regroupe par lieu, puis par lumière, puis par comédien, jamais par ordre du scénario, qui ne coûte que du démontage inutile.
Marquez ce qui est indispensable et ce qui est optionnel. En fin de journée, quand il reste quarante minutes, la question ne doit pas se discuter.
Le repérage remplace trois hypothèses
Aller sur place, même vingt minutes, répond à des questions qu’aucun échange ne tranchera : où sont les prises, à quelle heure le soleil passe derrière l’immeuble, si le sol résonne, si le local technique fait du bruit. Prenez des photos avec le téléphone, à hauteur d’objectif.
La feuille de service, même pour trois personnes
Une page envoyée la veille : adresse exacte, heure d’arrivée, heure de fin prévue, contact sur place, ce que chacun apporte. Cela paraît excessif sur une petite équipe. C’est précisément sur les petites équipes que l’absence d’écrit se paie, parce qu’il n’y a personne pour rattraper.
Prévoir la fin de journée avant le début
Le déchargement des cartes, la double sauvegarde et le nommage des dossiers font partie du tournage, pas de la post-production. Une carte formatée trop tôt ou un disque unique, c’est le seul risque du métier qui ne se rattrape pas.
Prévoyez trente minutes pour ça, et tenez-les. C’est la seule demi-heure de la journée qui ne peut pas être coupée.